Guide pour la visite

La loi Guizot de 1833 avait imposé à chaque

commune regroupant 500 habitants l’entretien

d'au moins une école primaire ; dès 1880, l’état

versait aux communes d’importantes subventions

et proposait des prêts très avantageux pour les

constructions scolaires.

On a, ici, une belle maison d'école de cette époque,

«un palais scolaire» disaient les adversaires de Jules

Ferry.

Au 1er étage : les logements pour le maître, la

maîtresse et leur famille.

Au rez-de-chaussée, deux salles de classes : une

pour les garçons, une pour les filles (la mixité ne se

généralise qu'en 1962) bien aérées, bien éclairées,

aux mûrs reblanchis à la chaux chaque année.

Devant et derrière, les cours de récréation

plantées de platanes, entourées d’un haut mûr.

Un préau couvert abrite les écoliers les jours de

pluie.

A l’intérieur d’une salle de classe :

Le bureau du maître, appelé chaire, derrière

lequel il se tient le plus souvent debout. Posé sur

une estrade il exprime l'autorité magistrale, la

domination face à l'assemblée ordonnée des élèves.

Ce meuble avec un écritoire à battant incliné réservé

au maître et des placards latéraux est parfaitement

fonctionnel.

Les pupitres en bois, à tablette inclinée utilisée

dès 1880, sont proportionnés à la taille des enfants.

Le poêle en fonte issu des forges de Baudin reçoit

le combustible par le devant (on se souvient qu'a la

fin du 19ème siècle, chaque élève devait chaque

matin apporter une bûche). Il est entouré d'une

grille protectrice.

Devant sèchent les sabots que portaient encore

jusqu'en 1930 bon nombre d'écoliers (Les sabots

ont été peu a peu remplacés par les galoches).

Dessus sont posées les gamelles: elle contiennent

les repas des élèves qui habitent des hameaux

éloignés et prennent leurs repas à l'école, dans la

salle de classe, lorsqu'il fait froid, sous le préau par

beau temps.

Inventé vers 1815 le tableau noir sur chevalet :

il mesure un mètre carré. D’une grande souplesse

d’utilisation pour les démonstrations, les

explications, les cartes, il est le complément du

tableau noir fixe où sont calligraphiées les leçons

préparées à l’avance par le maître.

L’armoire bibliothèque, vitrine du savoir,

contient du matériel scientifique parfois très élaboré

(alambic, balance de Roberval, balance à fléaux et

séries de poids en laiton) et le musée scolaire

(herbier, collection d'insectes, reptiles dans l'alcool,

animaux empaillés). Les leçons de choses, les leçons

de sciences qui révèlent aux enfants les vertus du

progrès, les mystères de la nature s'appuient sur des

observations directes.

Ainsi les tableaux synoptiques et colorés qui

pendent sur les murs ne laissent rien ignorer du

corps humain.

Le compendium métrique, petite armoire vitrée,

obligatoire depuis 1890, abrite les objets servant à la

pédagogie du système métrique qu’il est très

important de connaître à cette époque et qui est

aussi un instrument d’unification nationale.

L'enseignement était de qualité, donné par des

maîtres formés depuis 1879 dans les écoles

normales de chaque département (loi Paul Bert).

Beaucoup d'attention, d'application était exigée

pour des programmes ambitieux.

Ici on préparait le certificat d'études primaires, aux

procédures uniformisées depuis 1880, suivant un

emploi du temps immuable.

Dès que la cloche sonne, les garçons vêtus de leurs

sarraus noirs et les filles de leurs blouses à

carreaux se mettent en rang et rentrent en classe

sans parler.

Après l'appel, leçon de morale, écriture à la plume et

à l'encre violette, dictée suivie de questions, calcul

arithmétique, lecture, grammaire, géographie ou

histoire ou leçon de choses. A la fin de la journée

dessin, travaux manuels, chants.

La leçon de morale :

Depuis 1882 l’instruction religieuse dans les écoles

publiques « sans Dieu » est supprimée et remplacée

par l’instruction civique et la morale.

Le programme énumère les devoirs dont l’élève doit

s’imprégner dans sa famille, à l’école, le respect de

soi, le respect des autres… Des sujets comme

l’alcoolisme sont abordés.

Au terme de la leçon, une courte phrase, une

maxime, une règle de vie qu’il faudra apprendre est

calligraphiée sur le cahier du jour.

La lecture

On part au XIXème siècle de l’épellation phonétique

des consonnes, des voyelles, vers la syllabe et le

mot, exercice fastidieux, sans image.

Puis apparaîtra une autre méthode (1930) où

l’enfant perçoit la totalité du mot, illustré. Les élèves

du CE lisent collectivement les tableaux imagés

accrochés au mur, sans intonation, suivant la

cadence donnée par la baguette du maître qui veille

à obtenir une absolue concordance des voix. Puis le

maître lit puis quelques élèves.

La lecture tient une place très importante dans

l’enseignement. Peu à peu « on ne se contente pas

de déchiffrer mais de développer une lecture

expressive ». Le livre de référence pour atteindre cet

objectif est « Le tour de France de deux

enfants » de G. Bruno.

En 1876 60% des français ne savent ni lire ni écrire,

en 1910 5% seulement des conscrits sont illettrés.

La grammaire

Elle impose très tôt (CP) ses normes complexes à

l’élève qui doit apprendre par coeur règles et

conjugaisons…

Écrire sur son cahier occupe la majeure partie

du temps de l'écolier ; les maîtres étaient très

attachés au travail écrit silencieux. Les élèves

écrivent à l'encre violette (l’encre rouge et l’encre

noire indélébile sont réservées au maître) avec une

plume d'acier fin qui depuis 1850 remplace la plume

d'oie. Il en existe pour tous les genres de

graphismes : cursive, anglaise, ronde, bâtarde,

gothique… Les leçons d'écriture étaient très

importantes ; les élèves reportaient les gestes du

maître puis s'exerçaient longuement avec une

attention soutenue, le buvard placé sous la main

gauche. Pour accéder à l’emploi avoir une bonne

écriture est aussi important que respecter

l’orthographe ou maîtriser les quatre opérations

arithmétiques.

La géographie

L’étude de la géographie locale et régionale est

largement pratiquée mais aussi la salle de classe

doit être remplie, peuplée, illustrée d’images, de

cartes de la France (recto parlant, verso muet)

puis les grandes divisions naturelles du globe sont

abordées ainsi que les quatre races d’hommes.

Des cartes sont tracées et mémorisées par les élèves.

L’histoire

Les livres d’histoire présentent les grandes figures et

les grandes dates qui forgeront des générations de

jeunes patriotes.

Parce que Napoléon III a perdu la guerre, on exalte

à reconquérir l’Alsace et la Lorraine perdues en 1871

(voir aussi bataillons scolaires).

On exalte aussi l’histoire de la Révolution, source

des valeurs d’égalité, de liberté, d’équité…

La leçon de choses

Elle s’appuie sur l’observation concrète de la flore et

de la faune locales. Le jardin de l'instituteur n'est

pas loin qui sert de terrain de culture et de terrain

d'observation. On met sous les yeux des enfants les

produits de base de l’alimentation et de l’habitat et

tous les éléments matériels sur lesquels repose la

civilisation occidentale, céréales, fibres textiles,

matériaux de construction, bois, bougies, savons

(voir musée scolaire).

Des notions de mécanique et d’agriculture sont à

l’honneur pour les garçons, de même, pour les filles,

des cours d’hygiène, d’enseignement ménager et de

puériculture

A 16 heures c'était l'heure de la sortie sauf pour

deux élèves préposés au ramassage des cahiers, au

nettoyage et, une fois par semaine, au remplissage

des encriers.

A la fin du XIXe siècle la majeure partie des garçons

allait en classe au moins durant l'hiver, de 7 à 13

ans. Il y eut, à Château-Chalon, jusqu'à 70 écoliers.

La reconstitution de cette salle de classe inaugurée

le 11 juillet 2002 a été possible grâce à M. le maire,

le conseil municipal et les habitants de Château-

Chalon, l’association « Les amis de Château-

Chalon », l’IUFM de Franche-Comté, les élèves de

l’EREA de Crotenay, ceux du LP « Le Corbusier » et

l’association « Alternative chantiers »

Des manuels scolaires (livres du maître,

livres de l’élève) de l’époque 1880-1939,

ainsi que des cahiers d’écoliers peuvent être

consultés sur place. On peut aussi ici,

s’essayer à l’écriture à la plume.

 

 

Un musée-école vivant : « l’école d’autrefois »

39210 Château-Chalon (Jura)

Entrée : 1,00€ (participation aux frais et soutien) gratuit pour les enfants accompagnés de leur parents

 

Contacts et réservations (groupes d’élèves ou d’adultes ) :

Par courrier ou tél :

L’office du tourisme de la Communauté des communes des Coteaux de la Haute Seille (03.84.44.62.47)

La Mairie de Château-Chalon (03 84 44 62 90),

Les Amis de Château-Chalon (Foyer rural).

Par internet : (informations et guide à télécharger ou formulaire à remplir)

- http://www.chateau-chalon.fr

- http://nicod-web.eu/EA

- http://ecole_d_autrefois.blog.lemonde